L’histoire grossière des Garbage Pail Kids : des poursuites pour droits d’auteur à un film jamais sorti

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Les années 80 nous ont apporté beaucoup de belles choses. Ensuite, il y a eu les Garbage Pail Kids. Si vous étiez un enfant avec un estomac fonctionnel, vous vous souvenez probablement de l’esthétique dégoûtante. Si vous êtes collectionneur, vous vous souvenez de l’argent. Ce n’est pas seulement un voyage nostalgique ; c’est un regard sur la façon dont une parodie d’une marque de poupées bien-aimée est devenue un phénomène culturel, un cauchemar juridique et une note de bas de page bizarre dans l’histoire de la culture pop.

La première carte et le mythe du vampire

Dissipons tout de suite une idée fausse courante. On pourrait penser que la toute première carte Garbage Pail Kids représentait un personnage correspondant au thème de la marque, comme un éboueur. Ce n’est pas le cas. La première carte présentait “Nasty Nick” qui était habillé en vampire.

Nasty Nick est montré sur le point de mordre une poupée-femme.

Cela semble ridicule maintenant, mais cette carte spécifique est le Saint Graal pour les collectionneurs. C’est le plus convoité de tous, actuellement évalué à environ 7 500$. L’ironie n’échappe pas à quiconque connaît l’histoire de la marque.

Parodier les Cabbage Patch Kids

Les Garbage Pail Kids n’ont pas été créés dans le vide. Ils ont été lancés par le fabricant de cartes de baseball Topps en 1985 comme une parodie directe des Cabbage Patch Kids.

Si les Cabbage Patch Kids représentaient la foule douce et travailleuse de l’époque, les Garbage Pail Kids étaient conçus pour les terroriser. Topps a vu l’énorme succès des poupées et a décidé d’inverser le scénario. Le résultat fut une série de cartes à collectionner remplies de personnages grotesques et exagérés.

La réaction a été immédiate. Les créateurs de Cabbage Patch Kids ont poursuivi Topps en justice en 1986. Le procès a forcé Topps à modifier l’apparence des personnages, supprimant les dessins originaux qui ressemblaient trop aux poupées. Il s’agissait d’un cas classique de parodie rencontrant la protection des entreprises.

Satire politique et cartes présidentielles

Topps n’a pas hésité à polémiquer. En fait, ils s’y sont penchés. La carte numéro 46 présentait une représentation de Ronald Reagan, le président américain en exercice au sommet de la renommée de la marque.

Les cartes de Reagan portaient des noms comme Ray Gun ou Rappin’ Ron. Chaque carte Garbage Pail Kids avait deux versions. L’œuvre est restée la même, mais le nom a changé. Cette convention de double dénomination a permis à Topps de contourner la censure tout en continuant à faire valoir ses arguments.

Surnoms internationaux

La marque a bien voyagé, mais elle n’a pas gardé son nom partout. En Italie, les enfants appelaient les cartes Les Snotlings. Le nom était approprié, étant donné que le mucus est un élément fréquent dans les œuvres d’art.

La France leur a donné le titre The Totally Broken Kids. Pendant ce temps, les enfants allemands les connaissaient sous le nom de The Filthies. Chaque région a adapté l’humour dégoûtant aux sensibilités locales, mais l’attrait principal est resté le même.

Personnages emblématiques

Quel Garbage Pail Kid est le plus associé à la marque ? C’est Adam Bomb.

Les cinq premières séries de cartes présentaient Adam Bomb sur l’emballage. Il est l’un des personnages les plus reconnaissables, en grande partie parce que son design comprend un nuage de champignon sortant de son cerveau. C’est une image difficile à oublier. Même si des personnages comme Junky Jeff et Nasty Nick ont leurs fans, Adam Bomb reste le visage de la franchise.

Cartes censurées

Tous les noms n’ont pas été retenus. La carte Fran Fran avait à l’origine un nom différent : Schizo Fran.

Même Topps pensait que c’était trop se moquer de la schizophrénie. Ils ont finalement changé le nom en Fran Fran pour éviter de nouvelles controverses. La carte elle-même montrait une poupée à deux têtes qui semblaient se battre. C’est un rappel brutal que même à l’ère de l’humour dégoûtant, il y avait des lignes qui ne pouvaient pas être franchies.

Accessoires de Nerdy Norm

Le personnage Nerdy Norm est associé à un homologue nommé Nervous Rex. L’image est la même, mais le nom change le contexte.

La carte de Norm montre le personnage avec des lunettes et des sous-vêtements cassés, une référence à tous les wedgies qu’il a endurés. C’est un détail qui met en valeur la comédie physique des cartes. Les sous-vêtements cassés sont une touche petite mais significative qui ajoute à l’histoire du personnage.

Le film jamais sorti

En 1987, un Film Garbage Pail Kids a été produit. Il n’a jamais été publié officiellement.

Le film n’a pas d’intrigue. C’est une pure comédie dégoûtante. Il obtient un zéro sur l’échelle des tomates pourries. Réalisé avec un budget d’un million de dollars, le film n’a rapporté que 1,6 million de dollars au box-office. Il est considéré comme l’un des pires films jamais réalisés. Le film reste une curiosité, un artefact d’une marque qui a repoussé les limites jusqu’à ce qu’elles se cassent.

Le dessin animé annulé

Un dessin animé Garbage Pail Kids du samedi matin a été annulé à la dernière minute. Il n’a jamais été diffusé.

Le créneau a été rempli par une demi-heure supplémentaire de Muppet Babies. Les plaintes des parents ont entraîné la mise de côté du dessin animé Garbage Pail Kids. C’est un étrange coup du sort. Les parents qui ont acheté les cartes pour leurs enfants ont fini par interdire le spectacle.

Danger et humour

Les cartes n’ont pas évité le danger. Fryin’ Brian et Electric Bill ont montré un garçon se faisant électrocuter par une ligne électrique.

La peine capitale n’est généralement pas considérée comme un motif de comédie. Mais les Garbage Pail Kids l’ont quand même fait. L’humour était une valeur de choc. C’était censé être à la fois dégoûtant, effrayant et drôle.

Pourquoi c’est important

Les Garbage Pail Kids étaient plus qu’une simple mode. Ils étaient un miroir culturel. Ils reflétaient les angoisses et l’humour des années 1980. Ils ont défié les normes. Ils ont été poursuivis. Ils ont changé de nom. Ils se sont éteints, mais ils ont laissé des traces.

Aujourd’hui, les cartes sont des objets de collection. Le film est un mythe. Le dessin animé est un fantôme. Mais l’humour dégoûtant demeure. C’est un morceau d’histoire. Un morceau d’histoire étrange, dégoûtant et merveilleux.

Les années 80 avaient beaucoup à offrir. Les déchets