Starship n’est pas la seule issue

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L’instant texan

L’été 2023 a changé la donne. Une tour en acier inoxydable, plus haute que la plupart des gratte-ciel, a tiré trente-trois moteurs et a décollé du Texas. Ce n’était pas propre. Mais ça a volé. Puis vint le vol cinq. Le booster Super Heavy ne s’est pas écrasé. Il est rentré à la maison. Attrapé en l’air par les bras mécaniques de la tour de lancement comme un taureau de récompense. Les vols spatiaux sont encore devenus bizarres.

Starship vise à déverser plus de 100 tonnes métriques en orbite terrestre basse, entièrement réutilisables. Si ça marche ? Il bat tous les records de puissance et de coût. Pour tous les autres acteurs du jeu, la question n’est pas de savoir si cela va perturber l’industrie. C’est comment ne pas se retrouver dans la poussière.

Les chiffres sont vérifiés

Le centre aérospatial allemand, le DLR, s’est mis au travail. Ils n’ont pas seulement cru aux communiqués de presse de SpaceX. Non, ils ont regardé les images brutes des quatre premiers tests. Image par image. Données de télémétrie extraites et modélisées.

Le résultat ? Un regard sobre sur la bête. Actuellement, un Starship réutilisable peut soulever environ 59 tonnes vers LEO. Cela correspond à un Falcon Heavy jetant entièrement ses boosters. Pas mal, mais pas encore magique.

Mais la prochaine génération. Moteurs Raptor 3. Des réservoirs plus gros. Production projetée : 115 tonnes réutilisables, peut-être 188 si cela ne vous dérange pas de le brûler. Cela bat le Saturn V. C’est un grand moment. Mais le journal a quelque chose de différent. Il propose une alternative européenne, le RLV C5. Capable de lancer 70 tonnes. Plus petit, oui. Plus intelligent ? Peut être.

Échanger du poids contre des ailes

Voici le deal avec le RLV C5. Il utilise un booster ailé du projet SpaceLiner du DLR. Associez cela à un étage supérieur jetable. Choix de carburant ? Hydrogène liquide et oxygène liquide. Plus efficace que le mélange de méthane de SpaceX.

La stratégie d’atterrissage diffère également. Starship essaie de planer sur les propulseurs, subissant une lourde punition due à la chaleur. Le RLV C5 ? Il recule comme une navette spatiale. Capturé en plein vol par un avion subsonique. Cela ressemble à de la science-fiction. En fait, la physique est de son côté.

Pourquoi s’embêter ? Aucun carburant ne doit être réservé pour la combustion finale à l’atterrissage. Chaque kilogramme de propulseur permet de soulever une charge utile, et non de faire atterrir du matériel. Starship pèse plus du triple du RLV C5 au décollage. Pourquoi? Boucliers thermiques. Train d’atterrissage. Structure. Pour survivre à sa réutilisation, il doit transporter tous ces bagages.

Résultat : Starship utilise environ 40 % de sa masse comme charge utile. Le RLV C5 ? 74%. Il manque de force brute mais gagne en efficacité.

Le choix difficile

Les chercheurs du DLR ne considèrent pas cela comme un combat. C’est une bifurcation sur la route. Starship gagne si vous avez besoin de volume. Bases lunaires. Colonies martiennes. Essaims de satellites.

Mais l’Europe veut la souveraineté. Accès indépendant à l’espace. Construire un Starship-killer à partir de zéro coûte une fortune et du temps. Le RLV C5 utilise des composants déjà testés. Il s’insère maintenant. Une étape intermédiaire pendant que l’Europe réfléchit à son long jeu.

« Le RLV C5 offre à l’Europe une voie efficace pour développer de manière indépendante des systèmes de lanceurs lourds réutilisables », a noté l’auteur principal Moritz Herberold.

Vérifications de la réalité

Une prise. Il pend lourdement.

Le vaisseau vole. Même quand ça explose. Ou lorsque son bouclier thermique est détruit lors du quatrième test, nécessitant une refonte totale. La réutilisation rapide et complète reste un problème non résolu. Un très cher.

Le RLV C5 ? Il vit actuellement dans les journaux. Il y a un gouffre entre « nous avons calculé que cela fonctionnait » et « nous l’avons fait ».

L’Europe commence tard. Cela est clair. Mais peut-être que le chemin le plus rapide n’est pas toujours le bon. Parfois, l’efficacité suffit.