Comment l’administration d’électrification rurale a câblé le cœur américain

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Au milieu des années 1930, la campagne américaine était sombre. Ou du moins, c’était ce que je ressentais. La plupart des fermes utilisaient des lampes à kérosène, des pompes manuelles et un travail éreintant. Le niveau de vie des Américains ruraux était en retard de plusieurs décennies par rapport à celui de leurs homologues urbains. Cette disparité n’était pas seulement un inconvénient. C’était un moteur d’exode. Les gens quittaient en masse les terres pour les centres urbains, fuyant l’isolement et la corvée de la vie pré-électrique.

Entrez dans le projet d’électrification rurale.

Lancée en 1935 sous le New Deal du président Franklin D. Roosevelt, la Rural Electrification Administration (REA) était une agence fédérale avec un objectif unique et massif : apporter l’électricité là où les sociétés de services publics privées ignoraient. Ces entreprises considéraient les clients ruraux comme une mauvaise affaire. Une faible densité signifiait des coûts d’infrastructure élevés pour peu de rendements. La REA est entrée dans ce vide.

La stratégie était simple mais radicale pour l’époque. La REA n’a pas construit elle-même de centrales électriques. Au lieu de cela, il a accordé des prêts à faible taux d’intérêt aux coopératives agricoles. Ces groupes locaux étaient responsables de la construction des centrales électriques et de l’exploitation des lignes. Il s’agissait d’une approche ascendante en matière d’infrastructure. En donnant aux agriculteurs les moyens d’organiser et de financer leurs propres réseaux, le gouvernement a contourné les motivations de profit des grands services publics.

Les résultats ont été stupéfiants. Plus de 98 pour cent des fermes américaines ont finalement reçu de l’électricité. Il est difficile de surestimer ce chiffre. Cela a transformé la réalité physique de la vie quotidienne.

L’éclairage électrique a remplacé le kérosène vacillant et sujet au feu. Les radios ont amené le monde dans la cuisine de la ferme. Des machines à laver et des réfrigérateurs ont commencé à apparaître. Les commodités de la ville sont arrivées à la campagne. Les opérations agricoles qui nécessitaient autrefois des journées entières de sueur humaine étaient désormais automatisées. La traite, l’alimentation et le nettoyage sont devenus plus rapides, moins épuisants et plus efficaces.

“La REA a accordé des prêts à faible taux d’intérêt aux coopératives agricoles pour la construction et l’exploitation de centrales électriques et de lignes électriques dans les zones rurales.”

On pourrait supposer que le fait d’apporter l’électricité à la ferme a sauvé la petite cellule familiale. Qu’il a maintenu les agriculteurs sur leurs terres en rendant la vie rurale plus attractive. L’histoire raconte une autre histoire.

Le projet d’électrification rurale a effectivement comblé le fossé entre la vie urbaine et rurale en termes de technologie et de confort. Mais cela n’a pas arrêté la migration. Au contraire, cela a accéléré l’abandon du travail manuel.

L’électricité a permis la mécanisation. Les tracteurs, les mangeoires automatisées et les pompes électriques ont remplacé les mains humaines et la force animale. La productivité par heure de travail est montée en flèche. Il fallait moins de travailleurs pour produire la même quantité de nourriture. Cette efficacité a eu un effet paradoxal. Cela n’a pas enfermé les agriculteurs à la terre. Cela les libérait de la nécessité du travail manuel.

Ainsi, même si les lumières restaient allumées, les gens partaient souvent. La campagne s’est modernisée, mais elle s’est vidée. La REA a réussi sa mission technique immédiate. Cela a câblé la nation. Mais son impact social à long terme était complexe. Cela a donné aux Américains ruraux les outils de la modernité. Et ces mêmes outils ont contribué à démanteler le mode de vie agraire traditionnel que beaucoup espéraient préserver.