Pourquoi la côte martiniquaise est en faillite et comment la sauver

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Le littoral martiniquais n’est pas qu’une seule chose. C’est un patchwork de quatre entités physiques distinctes. Vous avez les baies sablonneuses. Les criques boueuses. Les embouchures des rivières tumultueuses. Et les falaises abruptes et imposantes. Ils ont l’air différents. Ils se sentent différents. Mais ils sont tous animés par les mêmes forces. Ruissellement terrestre. Courants marins. Géologie sous-marine. Ce ne sont pas seulement des détails de base. Ils sont le moteur.

Le processus commence par l’érosion. La géologie, la bathymétrie (la topographie sous-marine) et l’hydrodynamique travaillent ensemble pour déchirer la côte. C’est une tâche naturelle. Viennent ensuite les humains. Nous ne démarrons pas le processus, mais nous l’aggravons. Nos actions exacerbent toutes les influences naturelles déjà à l’œuvre. Nous accélérons les dégâts.

Dans des endroits spécifiques, comme au fond des baies sans issue, la dynamique est légèrement plus simple à comprendre. Ici, les sédiments s’accumulent. Cela dépend de la facilité avec laquelle la terre est emportée par les eaux. Cela dépend des plantes qui aiment le sel et qui maintiennent le sol en place. Et cela dépend de la géographie elle-même. La forme du terrain piège les sédiments. Cela crée un tampon naturel.

Les lacunes en matière de protection côtière

Malgré ces dynamiques complexes et mouvantes, la Martinique ne dispose pas de politique régionale de protection de son littoral. Aucun. Nous volons à l’aveugle. Les perturbations causées par l’érosion et les pressions climatiques sont réelles. Les dégâts s’accumulent. Mais il n’existe aucun cadre pour l’arrêter.

Nous devons résoudre ce problème. Maintenant.

La solution n’est pas une conjecture. C’est du modelage. Il faut cartographier le littoral. Avec précision. Ensuite, nous devons évaluer les dégâts. Combien coûte la perte d’une falaise ? Combien coûte la perte d’une plage ? Nous ne pouvons pas gérer ce que nous ne mesurons pas. Avant qu’un nouveau développement ne soit mis au point, nous avons besoin d’études environnementales rigoureuses. Pas de tampons en caoutchouc. La vraie science.

“Nous proposons de remédier au manque de protection en modélisant le littoral, en estimant le coût des dommages côtiers et en nous appuyant sur des études environnementales avant tout aménagement.”

Les enjeux sont élevés. Il ne s’agit pas seulement de paysage. Il s’agit d’infrastructures. Des maisons. Économie. La question n’est pas de savoir si la côte va changer. C’est ainsi que nous réagissons lorsque cela se produit. Allons-nous continuer à construire dans la zone dangereuse ? Ou allons-nous enfin examiner les données ?